Ils brûlent des voitures. Ils se montrent irrespectueux envers les valeurs établies. Ils sont violents, irresponsables, individualistes, versatiles, immoraux, paresseux… Ils n’ont aucun goût à rien. Ils ne se rendent bien évidemment pas compte de ce qu’est la réalité de la vie… Ils sont synonymes d’incivilités, d’insécurité… Ils sont mal élevés… Ils répondent à leurs parents et ne respectent plus les adultes. Ils contestent tout ce qu’on leur propose… Et bien sûr, ils sont pires qu’avant… Une véritable génération de « sauvageons », voire même de « racailles ». Voilà en quelques mots le tableau qui est régulièrement dressé de la jeunesse aujourd’hui. Politiques, médias, enseignants, membres de forces de l’ordre, travailleurs sociaux, parents ou simples citoyens, tous s’accordent à reconnaître et à dénoncer les trop nombreux travers de cette jeunesse dont on peut parfois avoir l’impression qu’elle va de mal en pis, au point de s’inviter régulièrement au centre de tous les débats et apparaître comme un enjeu essentiel pour l’action publique…
La crise des adolescents n'est peut-être donc que le reflet ou l’expression de la crise d'une société ? De fait, en y regardant de plus prés, il n'y a pas de crise au niveau de la jeunesse, il y a une crise de l'Etat, une crise de société, dont la jeunesse, au sens large, ne sont finalement que le révélateur. Et pour cause, puisque c'est dans ces quartiers que sont vécues les conséquences directes de cette crise de l'Etat et de la crise... [Lire la suite] |