La société colle facilement au rap dans toutes ses acceptions une image de mouvement provocateur et violent, ceci vient de nous être encore rappelé récemment par certains hommes politiques. Stigmatisation facile qui surfe sur des images le plus souvent caricaturales que même l’industrie du disque n’hésite pas à utiliser jusqu’à plus soif.
Certes, certains textes sont particulièrement violents, machistes, homophobes, antirépublicain. Quant aux clips de rap que les jeunes peuvent ingurgiter sans modération à la télévision, ils ne manquent pas de mettre en scène la domination masculine. De fait, l’image de violence domine généralement dans la construction médiatique des rappeurs. A titre d’exemple, nous nous attacherons à « l’affaire NTM ». Lors d’un concert donné l’été 1995 à La Seyne sur mer, autour de la chanson intitulée « Police » le groupe aurait « appelé à la violence » contre les policiers en évoquant ceux présents aux abords du lieu du concert. Aucune violence ne se produisit dans les actes. Pourtant, deux fédérations de syndicats de police s’étaient alors constituées parties civiles et, le 15 novembre 1996, les deux chanteurs d’NTM étaient condamnés par un juge toulonnais à six mois de prison dont trois mois ferme et six mois d’interdiction d’exercer leur métier sur le territoire français. Dans la presse des jours suivants, le débat s’engagea surtout sur la liberté d’expression, mais guère sur le sens et l’origine de cette violence verbale. Le philosophe Alain... [Lire la suite]
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