La situation française actuelle, grosse de résignations comme de convulsions, vaut d’être revisitée à la lumière d’une brève expérience fondatrice, la Seconde République. Dans sa fraîcheur native, cette expérience condense et révèle une donne que les décennies à venir vont altérer, complexifier et brouiller, sans l’effacer.
Évoquer cette donne, loin d’être mise en abyme artificielle de deux périodes si différentes à bien des égards, m’apparaît inséparable d’un engagement au présent pour la République démocratique et sociale. Nos responsabilités citoyennes et nos engagements ne peuvent que gagner, me semble-t-il, à réaliser ce que vécurent, en quatre mais si intenses années, les pionniers de la République démocratique et sociale.
Dès son avènement, avec l’instauration du suffrage universel (masculin), cette République posait de façon radicalement nouvelle la question de la citoyenneté. Avec la proclamation du « Droit au travail », elle donnait un contenu social progressiste à l’organisation de la communauté politique nationale.
A priori, l’instauration du suffrage universel (masculin) mettait à bas l’idéologie des « Capacités » à l’œuvre sous les monarchies précédentes (1814-1848). Idéologie selon laquelle il ne saurait être question de confier la gestion de l’intérêt général à la Plèbe ignorante, proie facile des passions démagogiques, destructrices de l’Ordre social. Grâce au vote censitaire, ceux que guide la Raison occuperont les différents niveaux du pouvoir.
On... [Lire la suite]
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