« Il y avait d’abord le racisme, ce mépris pour certaines races prétendument inférieur… il y avait le sexisme… voici maintenant le jeunisme, la haine des jeunes qui se répand comme un nouveau fléau social. Comme une psychose collective… Par certains ministres, par certains journaux, qui pratiquent la technique de l‘amalgame, comme si la délinquance n’était que juvénile, comme si la violence était le monopole des adolescents, comme si l’immense majorité de la jeunesse n’était pas calme, paisible et respectueuse des lois ».
Interroger la jeunesse aujourd’hui, c’est se poser la question de ses difficultés particulières dans un contexte plus large.
En effet, la crise des adolescents, ce fameux « problème jeune » que nous essayons de définir, n'est peut-être en définitive que le reflet ou l’expression de la crise d'une société ? Il n'y a pas de crise au niveau de la jeunesse, il y a une crise de l'Etat, une crise de société, dont la jeunesse, au sens large, ne sont finalement que le révélateur. C'est la recherche du profit, qui réduit les jeunes à l'état de consommateurs potentiels. C'est la quête médiatique des images du désordre et de la violence qui donne une vision négative des jeunes : « du moment qu'ils ne cassent pas et qu'ils ne font pas de graffitis, ils ne nous intéressent pas ».
Mais de manière plus profonde, c'est à une mutation de société que l'on est confronté. La crise étant cette période incertaine qui nous fait passer d'un Etat clos, d'un monde clos, à... [Lire la suite] |