Umberto Eco est un intellectuel, au sens plein et entier du terme, et pluri-disciplinaire qui plus est. Il s'avoue sémiologue et linguiste, mais est aussi un spécialiste en philosophie, art, littérature, histoire, histoire des sciences... Il reconnait en outre que pendant ses loisirs, il joue des partitions originales de Bach à la flute à bec. Le pire, c'est que l'on sent à le lire et à l'écouter qu'il éprouve une jouissance intense à exercer ses dons et étendre ses connaissances. Bref, il me fait crever de jalousie.
Dans 'Le Pendule de Foucault', il s'en donne à coeur joie. Trois universitaires, rompus à la critique des idées et désabusés à des degrès divers, qui travaillent dans une maison d'édition, s'adonnent à des jeux intellectuels. Par exemple, ils créent une université imaginaire uniquement dédiée aux savoirs inutiles. Citons le département d'oxymorique, où il est question d'Histoire des Traditions Innovatrices et de Dynamique Parménidienne. De fil en aiguille, ils en viennent à émettre une théorie, le Plan, qui est une sorte de réinterprétation complète et ésotérique de l'Histoire, avec pour point de départ l'hypothèse d'une force occulte mais humaine qui lui est sous-jacente. Un des axes du livre est la question de savoir jusqu'où on peut aller trop loin dans ce domaine, et ici, celà va très, très, très loin...
Le livre est truffé de références, de citations (en français, anglais, latin, grec, hébreu, espagnol, allemand, arabe et d'autres langues que je n'ai... [Lire la suite]
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