Le roman d’une époque, d’un pays, d’une civilisation, American Psycho est tout cela à la fois. Ellis décrit avec force corrosion le parcours d’un serial killer au cœur de la jungle : le milieu de la finance. Pat Bateman figure la part d’ombre de l’Amérique, violente, sans pitié, absurde. Le style tranchant, l’humour grinçant, les scènes d’un rare naturalisme rendent le propos cinglé, cinglant, sanglant. Dénuée de complaisance, le livre renvoie à une société sans identité ni repère. Chef d’œuvre...
« Déjà, je sens que cette mort, une fois de plus, sera vaine, absurde, mais je suis habitué à l’horreur. L’horreur est comme distillée, même en cet instant, elle ne parvient pas à me bouleverser, à me troubler. Bon, je ne vais pas me lamenter et, afin de me le prouver, après avoir regardé pendant une minute ou deux le rat qui bouge sous le bas-ventre de la fille, et m’être assuré qu’elle était toujours consciente – elle secoue la tête de douleur, les yeux agrandis de terreur et d’incompréhension -, je prends une tronçonneuse et la coupe en deux, en quelques secondes. Les dents vrombissantes traversent la peau et les muscles et les tendons et les os, si vte qu’elle demeure vivante assez longtemps pour me voir lui séparer les jambes du corps – arrachant les cuisses de ce qui reste de son vagin mutilé - et les brandir devant moi, presque comme des trophées, crachant le sang. »
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