L'histoire nous en apprend parfois de bonnes sur les mentalités. Prenez l'histoire du vibromasseur, inventé à la fin du XIXe siècle dans le but de soigner l'hystérie des femmes!
Mais il y a mieux: c'est à la demande de médecins que l'appareil aurait été inventé. Pour les libérer d'une «tâche» longue et laborieuse qu'ils effectuent depuis l'Antiquité: des «massages» destinés à soulager ladite «hystérie», qui se manifeste par divers maux dans le bas du ventre, une certaine lubrification insoupçonnée du vagin, accompagnée de nervosité, d'insomnie et d'une «suffocation de la matrice». En un mot, d'une légère enflure du clitoris... Et s'il s'était agi d'une excitation féminine dans sa plus simple expression, tout simplement (et malheureusement) incomprise?
C'est du moins l'hypothèse qu'avance Rachel P. Maines, une historienne américaine, qui a fouillé des textes latins remontant à l'Antiquité et qui a écrit un livre sur la question, tout récemment traduit de l'anglais: Technologies de l'orgasme, le vibromasseur, l'«hystérie» et la satisfaction sexuelle des femmes, chez Payot. Depuis 10 ans, l'ouvrage sert de manuel dans une centaine d'universités, dans des cours de sexualité et d'histoire de la technologie.
«L'expression de la sexualité féminine a, depuis toujours, été considérée comme une maladie», déplore-t-elle, en entrevue téléphonique.
Pourquoi? «Parce qu'il y a toujours eu cette croyance que les femmes devraient n'avoir d'orgasme qu'avec une pénétration,... [Lire la suite]
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